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Analyse
New York, novembre 2008.

À tous les collaborateurs du Groupe W.

Depuis le second semestre 2008, la crise financière a handicapé durement toute l’économie mondiale. Rappelons brièvement l’historique de cette débâcle dont l’origine se situe aux États-Unis. Entre 2000 et 2003, le prix de l’immobilier résidentiel américain a presque doublé. Tandis que, parallèlement, le taux directeur de la Réserve Fédérale passait de 6,25% à 1% afin de relancer une économie nationale en récession. Résultat : toujours avides de consommation, les citoyens US ont multiplié les emprunts à faible taux, pour la plupart sur gage de leur maison. Et les courtiers en crédit, en concurrence féroce, se sont montrés de moins en moins regardants sur la solidité financière des emprunteurs. Créant ainsi ce qu’on a appelé les subprimes (littéralement « sous-primes », des prêts immobiliers à risque en dessous des normes habituelles de solvabilité).

Mais de 2004 à 2006, au vu de l’économie intérieure ravivée par ce nouvel appétit de consommation, le taux directeur de la Réserve Fédérale remonte par paliers jusqu’à 5,25%. Provoquant ainsi l’augmentation des taux d’intérêt des prêts accordés trop à la légère. C’est typiquement l’histoire du serpent qui se mord la queue. Incapables de rembourser, de nombreux emprunteurs surendettés à taux variable doivent se résoudre à vendre ou à laisser saisir leur maison. Et la bulle immobilière américaine se dégonfle catastrophiquement.

Tout ceci aurait pu ne rester qu’un problème limité aux États-Unis si les courtiers en crédit n’avaient eu l’idée ingénieuse de mobiliser les prêts accordés sous forme d’obligations. Ce qu’on a appelé la titrisation des crédits. Sans contrôle de la SEC (Security Exchange Commission, le « gendarme » de la bourse US) puisqu’il s’agissait d’obligations privées. Ces obligations, garanties en principe par les établissements prêteurs, ont été achetées en masse tant par les banques d’affaires que par les investisseurs du monde entier. Il faut se souvenir qu’en 2006, il y avait énormément de liquidités disponibles sur le marché financier. La croissance exponentielle de la Chine et de l’Inde, la folie du pétrole en hausse constante, avaient créé une énorme masse financière avide d’investissements supposés rentables.

C’est le 7 février 2007 qu’un communiqué de HSBC, le géant financier sino-britannique très présent sur le marché américain, tire la sonnette d’alarme en émettant des doutes sérieux sur la fiabilité de la titrisation des subprimes. C’est le début du doute, de la perte de confiance. Mais sans affolement immédiat.

La plupart des grandes banques du monde avaient créé des fonds d’investissement sur base des obligations « titrisées » qu’elles avaient achetées en grandes quantités : les hedge funds (littéralement « fonds de sauvegarde», ce qui en l’espèce ne manque pas d’humour noir). Elles commencent à s’inquiéter. Mais il est trop tard. Le Titanic des subprimes prend eau de toutes parts. Pour tenter de garder un bilan positif face à leurs actionnaires, les banquiers décident alors de conserver leurs liquidités (dépôts des clients) pour compenser les pertes constatées sur leurs hedge funds. Donc, elles ne prêtent plus. Ni à d’autres banques, ni aux entreprises, ni aux particuliers. En juillet 2007, la crise se propage à toute la planète financière. Le crédit est gelé, l’argent devient rare, l’industrie commence à ralentir. Mais le problème reste masqué. L’homme de la rue, voire nos gouvernants, ne soupçonnent encore rien de l’ampleur de la catastrophe qui s’annonce.

C’est en 2008 que la bombe éclate. Par fragmentations. D’abord quelques petites banques américaines qui déposent leur bilan. Bon, d’accord, c’est la loi ultra-libérale du Far West. Puis d’autres. Ailleurs. Moins petites. En Chine, d’abord. Puis au Japon, en Europe, en Inde, partout, déclenchant une véritable panique boursière. Les acteurs économiques bradent tous leurs actifs pour éviter une faillite, accélérant de ce fait la crise de confiance. En été 2008, le total des dettes des particuliers américains incapables de rembourser leurs emprunts s’élève à 233 milliards de dollars (les deux tiers du produit intérieur brut d’un pays comme la Belgique). Montant qui a plus que doublé depuis. Et le 15 septembre, on annonce à grand fracas la faillite de Lehman Brothers, l’une des plus célèbres et plus anciennes institutions financières de Wall Street. Baoum !! On connaît la suite. Fin 2008, le total (annoncé) des pertes des banques dans le monde s’élève à mille milliards de dollars. Un chiffre dont on s’apercevra rapidement qu’il était très sous-évalué. Tandis que l’argent « évaporé » en bourse tant par les particuliers que par les investisseurs institutionnels aurait été, à la même date, de vingt-six mille milliards de dollars (26.000.000.000.000 $). Les rentiers, petits et gros, perdent jusqu’à 60% de leurs avoirs. Et les particuliers, incapables de rembourser leurs dettes, se bousculent dans les centres de médiation.

De financière, la crise devient économique. Donc forcément sociale, suite aux licenciements massifs partout dans le monde "on prévoit 25 millions de nouveaux chômeurs en 2009". C’est la spirale infernale : baisse du pouvoir d’achat, donc baisse de la consommation, donc baisse de la production, donc diminution du personnel. La défl ation n’est pas loin. Les gouvernements, non sans heurts politiques, mettent la main à la poche pour tenter d’éviter que la récession ne tourne à la dépression. Avec le résultat que l’on sait.

Le Groupe W, à des degrés divers, n’échappe pas à la tourmente. Mais grâce aux dispositifs que j’ai mis en place, nous allons tenter de limiter la casse. En jouant sur la solidarité. Comme vous le savez sans doute, mon but, en acceptant l’héritage de Nerio Winch, n’était pas de m’enrichir davantage mais bien de préserver l’emploi et la qualité de vie des cinq cent mille travailleurs du Groupe. Et je continuerai à faire tout ce qu’il sera possible pour maintenir cet objectif. Tendons-nous la main et nous y arriverons.